Extracto: Remedio de playa

Balançant son sac sur son épaule, Lee détailla l’hôtel. Le long de l’allée qui menait à la porte, il y avait des palmiers, des vrais de vrais, et six ou sept étages de chambres avec balcon sur chaque façade visible. Le bâtiment était entièrement peint d’une couleur ocre clair.

C’était parfait. Une fois son coffre refermé sans douceur, Lee se dirigea vers l’entrée, se demandant combien son cousin avait payé. Bien plus que ce que Lee aurait pu, ça, c’était clair. À l’origine, il avait fait sa réservation à bien six grands pâtés de maisons de la plage, encore qu’avec sa chance, Astor se serait assuré qu’il ait la seule chambre de l’hôtel sans fenêtre, avec un seul lit une place.

Toutefois, donner sur la plage suffisait à le rendre heureux. L’idée de se faire le trajet tous les jours ne l’avait pas enthousiasmé, alors que l’intérêt de ces vacances, c’était justement la plage. Lee dédaigna les portes vitrées ordinaires, passa par celle à tambour et entra dans le hall.

Il était distingué, grand ouvert, meublé d’une douzaine de chaises et de tables. Il n’y avait pas beaucoup de gens : trois ou quatre personnes du type hommes d’affaires décontractés traînaient près de la fontaine, l’air ennuyeux et discutant probablement de quelque chose de tout aussi ennuyeux ; il y avait une poignée d’accros à l’ordinateur sur les fauteuils et quelques porteurs qui tentaient de se donner l’air occupé près de la porte.

Se dirigeant à grands pas vers la réception, Lee évita une femme âgée qui ennuyait l’un des employés à propos de serviettes ou il ne savait quoi et s’approcha de l’autre. Il avait l’air de son âge, avec un joli visage bronzé et des cheveux bruns, courts et ondulés, qui lui tombaient en bataille sur le front. Il avait de belles lèvres pleines, de beaux yeux marron et si la veste de l’hôtel ne le mettait pas en valeur, elle ne gâchait rien non plus.

— Comment puis-je vous aider ? demanda le réceptionniste, terminant de taper quelque chose sur son clavier avant de relever la tête avec un sourire qui lui creusait des fossettes.

Lee était conquis.

— J’ai une réservation, dit-il.

Il s’appuya sur le comptoir et remonta ses lunettes sur sa tête. Le sourire du réceptionniste, Jayden d’après son étiquette, s’élargit.

— À quel nom ?

Lee fronça le nez. Astor avait fait la réservation pour lui et, le connaissant, il aurait refusé de donner autre chose que son vrai nom, juste pour l’enquiquiner.

— Barnaby White, mais je vous en prie, appelez-moi Lee.

— Second prénom ? demanda Jayden en tapant quelque chose sur son ordinateur. J’aurais besoin de votre permis de conduire.

— Oui. Barnaby est un nom traditionnel dans ma famille, mais je ne saurais jamais pourquoi ils ne se sont pas contentés de me le mettre en second prénom.

C’était plus poli que de dire que grand-papa Barnaby aurait piqué une crise s’il avait été réduit au second prénom d’un de ses petits-enfants, après que son aînée avait en plus refusé de le donner à l’un de ses deux fils, en première ou seconde place.

Jayden lui prit son permis de conduire d’un geste un peu trop lent pour que ce ne soit pas du flirt. Lee retint un sourire ; il semblait bien qu’il avait trouvé son premier amusement des vacances. Jayden entra d’autres renseignements dans son ordinateur, puis lui rendit son permis. Il longea légèrement le comptoir, récupérant quelques trucs, en rangeant d’autres dans une enveloppe.

Il avait de belles mains, longues et habiles. Lee allait bien s’amuser. Jayden fit rapidement quelque chose avec deux cartes en plastiques où se trouvait le logo de l’hôtel, puis les glissa dans l’enveloppe, qui n’était vraiment qu’une brochure ouverte, et la passa à son tour de l’autre côté du comptoir.

— Vous êtes dans la chambre 407, dit-il. Le paiement a déjà été effectué, alors vous devriez être tranquille. Vous trouverez dans votre chambre un guide sur les restaurants locaux, et bien entendu celui de l’hôtel est à votre disposition.

Jayden indiqua le restaurant donnant de l’autre côté du lobby.

— Si vous avez des questions ou besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à nous le faire savoir.

— Entendu, dit Lee, puis il exerça un peu de son pouvoir de séduction : à quelle heure se termine votre service ?

— Dans quelques heures, répondit Jayden en dévoilant à nouveau ces fossettes dangereusement attirantes. Je ne passe pas dans les chambres.

— Si vous décidez de faire une exception, dit Lee avec une vague de pouvoir un peu plus forte, vous savez où me trouver.

— Tout à fait, répondit Jayden avec bonne volonté.

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